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Bilan annuel 2010

Historique des tendances
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Sur www.ims-Pharmastat.fr, le site dédié aux pharmaciens de ville, retrouvez les données clés du marché et l'analyse de l'économie des officines, ainsi qu'une revue de presse et des articles dédiés

Les chiffres clés de l’année 2010

l’industrie pharmaceutique dans la tourmente

Evolution du marché des médicaments en 2010

Zéro tout rond ! Tel est finalement le chiffre de la croissance du marché pharmaceutique ville pour 2010, tant pour le marché global que pour les ventes sur prescription. L’épidémie de grippe clinique de fin d’année n’a pas eu d’effet significatif sur le marché. D’abord parce qu’elle est intervenue plus tard qu’en 2009 avec un pic épidémique en semaines 51 et 52 au lieu des semaines 45-46 en 2009, ensuite parce que son activité a été moindre avec un taux d’incidence de l’ordre de 600 cas par 100 000 habitants contre près de 900 l’année dernière.

Le calme plat avant le changement

Indépendamment du facteur saisonnier, la croissance nulle de 2010 ne constitue pas réellement une surprise et elle est conforme aux prévisions qui avaient été faites en début d’année. Il faut remarquer que la performance de 2010 est sensiblement inférieure à celle de 2009 : environ un point de croissance en moins, soit un déficit de chiffre d’affaires de plus de 200 millions d’euros. L’industrie pharmaceutique marche à contretemps de l’économie générale : elle avait fait une meilleure année en 2009 qu’en 2008 (+0,9% vs +0,3%) et elle fait une plus mauvaise année en 2010 qu’en 2009 ! C’est une spécificité qu’on connaît bien : le secteur de la santé traduit de manière décalée et amortie les fluctuations de l’économie générale. D’où sa réputation, méritée, de secteur contra-cyclique.

Evolution du marché des génériques en 2010

Les produits remboursables (prescrits et non prescrits) ont connu en réalité une petite croissance (+0,3%) mais elle a été compensée par une forte décroissance des produits non remboursables (-4,1% en valeur) et des produits non prescrits (-1,4%). La prescription de produits non remboursables s’effondre (-8,3%) tandis que « l’automédication vraie » (produits non remboursables et non prescrits) surnage avec une évolution négative de -0,9% « seulement ».

Le marché de l’automédication a été en quelque sorte « nettoyé » par les vagues successives de dérembourse-ments partiels ou totaux qui ont réduit fortement la fameuse catégorie des médicaments « semi-éthiques », à la fois non listés et remboursables, propres à certains pays dont le nôtre. Au sein des non listés, la proportion des remboursables a chuté de près de 5 points, passant de plus de 72% en 2006 à moins de 67% en 2010. En revanche, la politique d’incitation à l’automédication, notamment par l’accès direct « over the counter » sem-ble avoir des effets très limités. Le marché de ces produits s’est replié de près de 4% en valeur et de 5% en unités (ce qui indiquerait au passage que la mesure n’a pas eu les effets escomptés sur les prix…).

A la déprime du marché OTC répond le dynamisme du marché des génériques. Ce dernier représente désormais en France 14% du marché pharmaceutique en valeur et plus de 26% en unités. Plus d’une boîte sur quatre dispensée en officine est un générique. Le taux de pénétration est très honorable : plus de 70% en moyenne du répertoire des génériques. Et il existe un fort potentiel d’accroissement pour 2011 avec un volant important de produits dont le brevet est tombé dans le domaine public, qui a donné lieu à la création d’un « groupe générique » à l’Afssaps, mais dont les concurrents génériques n’étaient pas encore lancés au 31 décembre 2010. C’est notamment le cas des deux leaders du marché, Tahor® (groupes génériques 10, 20, 40 et 80 mg créés le 30/09/2010) et de Inexium® (groupes génériques 20 et 40 mg créés le 23/12/2010), dont les ventes combinées ont représenté un chiffre d’affaires de plus de 730 millions d’euros en 2010.

Au total, les produits tombés dans le répertoire mais non encore génériqués représentent un chiffre d’affaires de près de 1,5 milliard d’euros (en PFHT), soit, compte tenu des marges de distribution et des taux de remboursements, une économie potentielle pour l’Assurance Maladie de plus de 500 millions d’euros en année pleine. Soit encore l’équivalent du chiffre d’affaires de Tahor® et environ 2 points de croissance du marché ville !

Les perspectives des années à venir

Le marché pharmaceutique va donc complètement changer de visage dans les deux ans qui viennent et il faut s’attendre à voir des produits comme Aranesp®, Neulasta® et Lantus® rejoindre Lucentis®, Humira®, Enbrel® et Glivec® dans le top 10 des produits pharmaceutiques, pour certains dès 2011. C’est une révolution technologique correspondant à la prise du pouvoir des produits de biotechs et au triomphe des firmes qui ont fait ce choix technologique audacieux au bon moment dans le passé ; c’est également une révolution économique car le « business model » de ces produits est différent des produits de généralistes qu’ils remplacent et leur chiffre
d’affaires est plus faible. Voilà un exemple rare – sinon unique – d’une révolution technologique qui entraîne une contraction du chiffre d’affaires de l’industrie innovante !

  • PharmaNews n°30 Mars 2011